Pierre Mollo, 71 ans, une vie de combat pour préserver le plancton


"Les gens n’ont pas conscience que le phytoplancton est à l’origine de 50% de l’oxygène que nous respirons." Un bel article de Franck JOURDAIN sur lemarin.fr rend hommage à Pierre Mollo

À 71 ans, l’enseignant-chercheur à la retraite Pierre Mollo poursuit inlassablement son travail de sensibilisation du plus grand nombre à l’intérêt vital de la biodiversité planctonique menacée par le réchauffement climatique. Il en va de la vie halieutique et des ressources alimentaires de l’humanité.

"Les gens n’ont pas conscience que le phytoplancton est à l’origine de 50 % de l’oxygène que nous respirons, et qu’il absorbe plus de la moitié du dioxyde de carbone de l’atmosphère, contribuant ainsi à lutter contre le réchauffement climatique", explique-t-il de sa voix douce.

Pour ce fils et petit-fils de pêcheurs natif de Port-Louis, dans le Morbihan, cette mission remonte à loin. "En 1969, j’ai été recruté par une filiale de la Compagnie générale transatlantique qui voulait développer l’aquaculture en France grâce à une équipe de Japonais, raconte-t-il. À l’époque, ils avaient vingt ans d’avance. Ils m’ont tout appris de la production du phytoplancton dont se nourrissent les zooplanctons pour assurer le bon développement d’une filière aquacole."

Mais la Transat ne mène pas son projet à terme. Peu importe, Pierre Mollo, lui , décide de faire du micropeuple des mers son métier. Il se rapproche alors des associations bretonnes d’agriculteurs, de pêcheurs, de conchyliculteurs pour les sensibiliser à la préservation du littoral, avant d’entrer dans l’enseignement.

Pierre Mollo va consacrer les vingt cinq dernières années de sa carrière professionnelle à l’accompagnement des formateurs agricoles et aquacoles au Cempama (devenu Agrocampus ouest) , à Beg-Meil dans la commune de Fouesnant dans le Finistère. En parallèle, il s’évertue à produire de la connaissance sur le milieu et à la diffuser. Il contribue ainsi, dans les années 1990, à la création de l’association Cap vers la nature (Concarneau) , ou encore de l’Observatoire du plancton à Port-Louis. En 2009, tout jeune retraité, il ne prend pas le temps de souffler. Il participe à la création d’observatoires similaires au Vietnam (2010) et en Chine (2015) . Auteur de plusieurs ouvrages, il donne régulièrement des conférences partout dans le monde et réalise des films, "une passion ancienne" glisse-t-il. Son grand projet aujourd ’hui, c’est sa Symphonie de la mer. «  Une idée folle », concède-t-il, qui consiste à associer musique symphonique, signée du compositeur franco-brésilien Antonio Santana et jouée en direct par un orchestre, et images marines projetées sur grand écran. " Le réalisateur Jacques Perrin, l’lfremer et différentes associations l’ont autorisé à mettre en scène quelques uns de leurs plans, sur une réalisation de Jean-Yves Collet", sourit-il. Le résultat a enchanté, en témoignent les titres de la presse régionale, lors du premier spectacle donné le 22 juillet 2018, à Port-Louis, qui évoquaient une " émotion artistique ». "Quand on suscite de l’émotion sur un thème pareil, on incite forcément les gens à s’intéresser" ,. Aujourd’hui, Pierre Mollo, a espoir que ce projet intéressera nombre d’événements, en France et à l’étranger. Peut-être lors de la grande exposition La mer XXL à Nantes, l’été prochain ? " Nous sommes effectivement en discussion avec eux », assurait-il courant mars.

Franck JOURDAIN - lemarin.fr