Pierre Mollo. « L’homme va-t-il détruire la planète... »


« L’homme va-t-il parvenir à détruire la planète au nom du progrès ? » Le biologiste Pierre Mollo pose publiquement la question, ce soir, à 20h, à la MPT de Kerfeunteun. Entrée gratuite.

L’homme va-t-il parvenir à détruire la planète au nom du progrès ? On parle de progrès, d’innovation et très souvent on va dans de mauvaises directions. Je ne suis pas contre le progrès, je l’utilise ; ni contre l’innovation, j’ai créé une association qui s’appelle Plancton et Innovation. L’important, c’est de faire les bons choix. Pendant longtemps, tout le monde s’en foutait lorsqu’on parlait plancton, fragilité de la mer. D’un seul coup, il y a une espèce d’engouement pour les choses de la mer, l’accaparement des mers, la spéculation sur les biologies marines et les biotechnologies. Ça me fait un peu peur, car je pense que la mer est d’abord une ressource de protéines pour demain. Quand on protège le plancton, on est à peu près sûr que l’on protège les poissons, coquillages et crustacés. Or le plancton peut résoudre certaines carences alimentaires dans le monde. Mais, tout de suite, certains pensent biodiésel quand on parle culture de phytoplancton.

Quel risque y voyez-vous ?

Celui d’accaparer des terres, parce qu’il faudra des grandes surfaces, des grands capitaux, des technologies lourdes pour arriver peut-être, dans dix à vingt ans, à des gens qui nous diront : ça n’est pas si rentable que ça ! On sait qu’avec des techniques très simples utilisées depuis des millénaires en Afrique, au Mexique (etc.), on peut créer, avec la culture du plancton, des aliments pour pas cher, avec des résultats en terme de carence alimentaire. Je me rappelle qu’en 1970-1971, l’aquaculture devait être la baguette magique des ressources. Certains disaient l’aquaculture remplacera la pêche. J’étais révolté ! On avait progressé dans la connaissance des poissons, coquillages et crustacés, et certains pensaient déjà aquaculture industrielle. Non, c’est comme ça que j’ai monté à Houat une écloserie de repeuplement.

Que préconisez-vous ?

Le savoir-faire de l’aquaculture, il faut le mettre au service de l’économie des pêches, mais aussi de l’environnement, de la biodiversité. Tant que la production de plancton restera artisanale, elle sera maîtrisée par les hommes au plus proche de la nature. Le modèle ostréicole est très intéressant, même s’il y a des aléas, comme la qualité des eaux.

Comment allez-vous aborder le sujet ce soir ?

On verra d’abord un film, « La planète plancton », dont j’ai été conseiller scientifique. Pendant 40’, il va montrer l’impact des activités humaines sur la ressource et sur le plancton en particulier. Je plante le décor, puis on échange. Ce n’est pas tout à fait un cri d’alarme, mais je veux dire que ce serait trop bête de ne pas mettre nos connaissances en biologie au service de l’homme, de l’économie, de l’environnement.

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